Lettre aux collègues
Rejoignons la mobilisation lycéenne et étudiante.
Par la grève, les débrayages et la présence en manifestation
Communiqué
Cher·es collègues,
Leurs revendications sont légitimes et nous les soutenons pleinement.
Dès le 6 octobre, la CGT Spectacle a appelé à rejoindre toutes les manifestations à leurs côtés et à se mobiliser par la grève. Nous soutenons d’autant plus leurs revendications qu’elles sont la conséquence d’une politique qui détruit tout à la fois le service public de l’éducation et celui de la culture. Cette mobilisation de la jeunesse, historique par son ampleur et ses formes, est réprimée de manière extrêmement brutale par le gouvernement et sa police, avec un pic de violences policières atteint lors de la journée du 17 octobre qui a vu se coaliser les revendications de la jeunesse avec celles du reste de la société. Nous l’affirmons ici clairement : Nous refusons le contre-narratif qui occulte les revendications des manifestant·es en réduisant la mobilisation à des images de violence et de casse.La casse, c’est d’abord celle de nos services publics. La violence, c’est celle des politiques antisociales
qui creusent toujours plus les inégalités entre une poignée de riches et une majorité de la population qui s’appauvrit. La violence, c’est celle d’une répression policière sans “aucune consigne de retenue” qui s’abat à chaque manifestation, qui mutile et qui tue. La violence, c’est enfin l’instrumentalisation de la justice : le recours aux gardes à vue pour intimider les lycéen·nes, les conditions de détention indignes et les comparutions immédiates.Nous soutenons d’autant plus leurs revendications qu’elles sont la conséquence d’une politique qui détruit tout à la fois le service public de l’éducation et celui de la culture.
Cette brutalité exercée en manifestation nous concerne tou·tes. Les couvre-feux et les interdictions de manifester sont une attaque directe contre nos libertés fondamentales, à nous exprimer et à contester le gouvernement et à porter des politiques alternatives pour notre société.
Nous salarié·es de l’audiovisuel, du cinéma, du film d’animation, de la prestation technique, des festivals de cinéma et des éditions phonographiques, sommes directement visé·es par les politiques austéritaires qui fragilisent nos métiers, nos emplois et notre protection sociale.
Dans ce moment de bascule, nous vous appelons à ne pas rester spectateur·ices de ce qui se joue. Reprenons confiance en notre propre force et prenons notre part dans ce mouvement.
À l’approche d’une élection présidentielle qui risque de consolider au pouvoir les pires courants d’extrême-droite, ce mouvement social est une chance pour nous de tirer l’histoire dans notre sens.
C’est pourquoi, cher·es collègues, nous vous appelons à agir avec nous.
• Soutenons concrètement les lycéen·nes et les étudiant·es mobilisé·es.
En particulier dans les écoles de cinéma, d’audiovisuel et d’animation, mettons-nous à leur disposition pour les aider à organiser et poursuivre leur mouvement.
• Rejoignons les prochaines mobilisations
Sur nos lieux de travail, discutons avec les collègues, organisons des débrayages les journées nationales de mobilisation, rejoignons les manifestations à commencer par celle du 24 octobre, et, quand cela est possible, exerçons notre droit de grève. Faisons connaître notre engagement en prenant des photos de soutien et en les diffusant.
• Préparons la grève générale appelée par la CGT à partir du 5 novembre
Parce que la grève ne se décrète pas mais se construit collectivement, organisons des assemblées générales, élisons des délégué·es de plateaux et coordonnons-nous pour construire un mouvement à la hauteur des enjeux.
• Débattons des revendications professionnelles à porter tou·tes ensemble
Contre les coupes budgétaires, contre la casse des services publics, pour un véritable service public de l’audiovisuel, pour la défense de la création et de nos métiers…
• Mettons nos métiers et notre art au service du mouvement
Documentons, filmons, dessinons, animons la mobilisation en cours dans le sillage des cinétracts, ces films militants réalisés en mai 68. Ne laissons pas s’installer les mensonges grossiers diffusés en boucle par des médias de plus en plus réactionnaires.
Organisons-nous concrètement !
Nous appellerons très bientôt à une Assemblée générale ouverte à l’ensemble des salarié·es et étudiant·es de nos secteurs.
Nous le savons, les temps sont difficiles dans nos secteurs de travail. Mais quand les travailleur·ses s’organisent, quand ils et elles se lient à une jeunesse poussée par le désir de construire une société émancipée, alors l’histoire s’ouvre à nouveau.
