Motion de soutien aux signataires de la tribune Zapper Bolloré adoptée au 54ème Congrès de la CGT
Communiqué
À la veille de l'ouverture de la 79ème édition du Festival de Cannes, le 11 mai dernier, une tribune a été publiée dans Libération, à l'initiative du collectif "Zapper Bolloré" et signée par 600 travailleur·ses du cinéma et de l'audiovisuel, des professionnel·les qui s'inquiètent de la mainmise de Vincent Bolloré sur l'ensemble du secteur.

 Le syndicat des professionnel·les des industries de l’audiovisuel et du cinéma, SPIAC-CGT, et la Fédération CGT du Spectacle en sont signataires !

Canal+, dont le groupe Bolloré est actionnaire majoritaire, est le principal financeur du cinéma français depuis plusieurs années et Bolloré abuse de cette position dominante.

En octobre 2025, le groupe entrait au capital du réseau de salles de cinéma UGC à hauteur de 34 %, avec pour objectif 100 % en 2028.

La perspective de voir le milliardaire, défenseur des idées réactionnaires de l’extrême droite, contrôler l’ensemble de la chaîne de fabrication des films, de la production à la diffusion, a provoqué la volonté d’agir d’une partie de la profession pour protéger la diversité culturelle et nos imaginaires.

Une semaine plus tard à Cannes, Maxime Saada, président du directoire de Canal+, a menacé de blacklistage les signataires de la tribune et réitéré ses intentions, il y a quelques jours, affirmant que l’examen des dossiers de financement, au-delà des critères artistiques et commerciaux habituels, reposerait également sur la considération des porteurs de projets à l’égard du groupe et le préjudice éventuel que ceux-ci lui auraient causé.

En réponse, les signataires de la tribune sont désormais plus de 4 500 !

La CGT Spectacle et la LDH ont saisi le tribunal de Nanterre afin d’assigner Canal+ et de défendre les libertés fondamentales et la lutte contre les discriminations. La réaction de Canal+ s’inscrit dans la droite ligne de l’augmentation de la répression contre les travailleur·ses.

À celles et ceux qui pensent qu’il ne faut pas crier au loup avant qu’il ne soit là, nous rappelons les exemples des films non financés, des aides non attribuées à cause de leurs sujets jugés trop « woke », des producteurs et productrices qui ne déposent plus leurs projets car « trop à gauche », des spectacles révisionnistes qui se multiplient, de l’autocensure qui s’installe.

L’emprise de Bolloré s’étend depuis longtemps dans les secteurs des médias et de l’édition,

en témoignent les dérives du JDD, les propos réactionnaires et racistes propagés par CNews

et le limogeage d’Olivier Nora, PDG des éditions Grasset, qui a entraîné une vague de contestation par plus de 200 auteurs et autrices.

Nous avons atteint un point de bascule où l'engagement de chacune et chacun est vital.

Nous alertons depuis de nombreux mois sur la nécessité d’une réaction urgente, portée par une union large pour s’opposer aux projets de Vincent Bolloré et autres milliardaires qui financent et font la promotion de l’extrême droite et de ses idées.

Nous avons atteint un point de bascule où l’engagement de chacune et chacun est vital. Un point où l’action interprofessionnelle est primordiale.

Nous devons être uni·es pour défendre les travailleurses contre les discriminations à l’embauche.

Nous devons porter ensemble une loi anti-concentration dans l’ensemble des secteurs des médias et de la culture.

Le 54e congrès de la CGT, réuni en juin 2026 à Tours, exprime sa solidarité avec les signataires de la tribune « Zapper Bolloré » et son engagement dans la lutte contre la bataille culturelle de l’extrême droite.

 

Le 54e congrès de la CGT, réuni en juin 2026 à Tours, exprime sa solidarité avec les signataires de la tribune "Zapper Bolloré" et son engagement dans la lutte contre la bataille culturelle de l'extrême droite.

Le Conseil national

Paris, le 15 juin 2026

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